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La biologie vétérinaire au parc zoologique

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OptionBio : En biologie, quels types d’examens pratiquez-vous sur les animaux ?

Alexis Lécu : C’est très vaste ! Nous faisons à peu près les mêmes examens complémentaires que tous les autres vétérinaires : numération formule sanguine (NFS), biochimie, sérologie, PCR, etc.

OB : Les examens ont lieu dans un laboratoire intégré ou externalisé ?

AL : Les deux. Dans notre laboratoire intégré, nous réalisons nos propres biochimies, la spectroscopie, la coproscopie, la cytologie et l’analyse de la qualité de l’eau pour les animaux aquatiques. Ce que nous ne faisons pas, c’est la NFS. Elle est externalisée car elle nécessite d’avoir un automate onéreux et pas mal de maintenance, mais nous réalisons les frottis sanguins. De même, nous ne pouvons pas faire certaines biochimies sur notre automate. Concernant la sérologie, une partie des

OB : Votre équipe est-elle polyvalente ou chacun est-il selon spécialisé les espèces ?

AL : Nous sommes assez « universels » et nous sommes tous polyvalents. L’équipe comprend trois vétérinaires, dont un résident en formation de médecine zoologique, et deux assistants vétérinaires qui réalisent la majorité des actes de biologie.Pour les mammifères, les oiseaux, les reptiles et compagnie, les valeurs habituelles peuvent changer mais les systèmes de détection des automates fonctionnent. Mis à part quelques exceptions, qu’on fasse l’urée créatinie sur un primate, un tigre ou un

OB : Quelle est la part de la recherche dans vos activités ?

AL : Elle est très importante. Nous appartenons au Muséum national d’histoire naturelle, un organisme de recherche, donc nous faisons de la recherche, plutôt très appliquée, médicale et vétérinaire. Nous pouvons être amenés à développer des traitements, des tests diagnostiques plus spécifiques à nos espèces et à travailler avec des laboratoires, comme celui des courses hippiques (LCH) qui s’occupe du dopage chez les chevaux de couses. Leur laboratoire possède un haut degré de finesse et de

OB : Avez-vous beaucoup d’échanges entre zoos ?

AL : Oui. En fait, nous travaillons beaucoup en réseau. La médecine zoologique est vraiment une niche et elle est très active. Il existe l’Association francophone des vétérinaires de parc zoologique, l’Association des 

vétérinaires de parcs zoologiques et de faune sauvage européenne (EAZWV pour European Association of Zoo and Wildlife Veterinarians ), et nous travaillons également avec nos camarades américains et nord-américains. Les échanges et les présentations scientifiques sont très importantes

OB : Les vétérinaires des parcs zoologiques ont-ils des profils très différents ?

À l’échelle française, nous sommes plus de 310 dans l’association. Environ un tiers sont des vétérinaires installés en libéral, qui possèdent dans leur clientèle un zoo ou des animaux exotiques. Un tiers, comme moi, est salarié d’un parc zoologique et le dernier tiers est universitaire, composé de chercheurs, d’étudiants en 3e cycle, etc. L’Association européenne EAZWV regroupe près de 700 vétérinaires de parcs zoologiques et c’est à peu près le même nombre pour l’équivalent américain.

OB : La presse scientifique joue-t-elle un rôle important ?

AL : Il y a beaucoup de publications. Par exemple, le 

Journal of Zoo and Wildlife Medicine est un périodique trimestriel « Peer of view » très actif qui présente beaucoup de publications américaines et européennes. Cela nous permet de nous questionner sur nos pratiques, ce qu’il faut faire ou pas, quelle technique est la meilleure. C’est un outil très documenté et précis.

OB : Pour conclure, comment se passe une journée type et avez-vous un animal préféré ?

AL : Au parc zoologique, la matinée est dédiée au terrain et aux animaux. Nous pratiquons les examens et prévoyons les anesthésies qui donneront lieu aux examens complémentaires au laboratoire. Par exemple, si on fait la prophylaxie des guanacos ou des vigognes, nous allons effectuer une dizaine de prélèvements toute la matinée. L’après-midi sera consacré au travail de bureau, aux réunions, aux échanges, au classement des prélèvements, à faire les dosages et au rangement des sérums.

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