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Intelligence artificielle et imagerie médicale

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Résumé

Le recours à une imagerie après chirurgie de l’épaule doit être justifié, non systématique et apporter un véritable bénéfice pour le patient. Actuellement, il n’existe pas de consensus sur les indications d’imagerie pour les patients présentant une bonne évolution postopératoire, sans complications et avec de bons résultats fonctionnels. En cas d’évolution non favorable, les indications sont plus claires. La radiographie conventionnelle reste incontournable qui, combinée à l’échographie, constitue le socle de première intention. Les techniques d’imagerie de seconde intention, comme le scanner ou l’IRM, sont choisies en fonction du type de chirurgie réalisée, du contexte clinique du patient et des questions posées par le chirurgien à visée diagnostique et/ou thérapeutique. Le scanner, bien que facilement accessible, implique une irradiation « maîtrisée » et est susceptible de générer des artéfacts avec les implants métalliques. L’IRM, qui offre une excellente visualisation des tissus mous et ce sans irradiation, peut aussi présenter des risques d’artéfacts, bien que des avancées technologiques récentes aient atténué ce problème. L’arthroscanner est couramment utilisé en France, tandis que l’arthro-IRM, bien qu’efficace, reste insuffisamment demandée. La scintigraphie garde des indications très limitées. La réalisation d’une échographie nécessite une formation spécifique et une courbe d’apprentissage. Elle peut être précieuse dans les mains d’un chirurgien orthopédiste formé, utilisée comme un prolongement de l’examen clinique et appelée échoscopie. Cependant, un radiologue spécialisé musculosquelettique peut fournir un diagnostic dynamique souvent supérieur à celui d’une imagerie statique en coupe. Ainsi, toute demande d’imagerie devrait être le fruit d’une collaboration entre chirurgiens et radiologues, adaptée aux ressources disponibles, pouvant varier sur le territoire de santé.

Niveau de preuve

V : avis d’expert.

Introduction

L’imagerie peut jouer un rôle crucial après chirurgie de l’épaule mais doit être prescrite de manière pertinente afin d’assurer en premier lieu la sécurité du patient dans sa surveillance postopératoire, tout en participant à la maîtrise globale des dépenses de santé. Cette conférence examinera les recommandations actuelles, l’intérêt de chaque type d’imagerie en fonction de la situation clinique rencontrée et l’importance de la collaboration entre chirurgiens et médecins radiologues pour orienter et optimiser le diagnostic et le suivi des patients. Nous discuterons également de la possibilité pour les chirurgiens formés de réaliser des échoscopies, c’est-à-dire un bilan échographique réalisé dans le prolongement de leur examen clinique, étendant ainsi le champ de leurs compétences diagnostiques. L’objectif de ce travail est aussi de définir des stratégies afin d’optimiser toute demande d’imagerie en s’interrogeant sur le peu de référentiels existant dans ce domaine.

Quelles sont les recommandations concernant la demande d’une imagerie postopératoire immédiate après chirurgie de l’épaule ?

Actuellement, Il n’existe aucune recommandation spécifique émanant du code de la sécurité sociale, de la Santé publique, de la Haute Autorité de santé ou bien des instances professionnelles orthopédiques (Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique [SOFCOT] et/ou Société française de chirurgie de l’épaule et du coude [SoFEC]).

Quelle imagerie privilégier dans la surveillance postopératoire d’un patient sans douleur ni complication ?

Cette question interroge sur la pertinence et la fréquence des demandes d’imagerie chez un patient asymptomatique afin de surveiller et/ou de prévenir la survenue d’une complication.

Radiographie

Elle reste incontournable pour identifier [12], [13] :

  • •un ostéophyte huméral inférieur ou une géode glénoïdienne témoignant d’une arthrose débutante associée à la problématique de la coiffe des rotateurs ;
  • •une rupture du cintre omo-huméral ou une fermeture de l’espace sous acromial signant une rupture itérative de coiffe ;
  • •une ostéoporose pommelée suggérant un syndrome douloureux régional complexe de type 2 (SDRC2) ;
  • •des géodes et un pincement glénohuméral précoce doivent faire suspecter une

Radiographie

Elle est incontournable et recherche des signes d’arthrose quel que soit la chirurgie réalisée.

Échographie

Radiographie

Elle est incontournable pour dépister les complications classiques [9] : usure du polyéthylène, descellement, ostéolyses (privilégier un profil axillaire pour l’implant glénoïdien), fracture humérale sur tige, luxation.

Ne pas oublier d’analyser après prothèse :

  • •anatomique :
    • ∘un surdimensionnement de la tête humérale (overstuffing),
    • ∘une modification du cintre omo-huméral ;
  • •inversée :
    • ∘la survenue d’une encoche ou épine glénoïdienne inférieure [11] (figure 14),
    • ∘une fracture de l’épine ou de l’acromion (

Scintigraphie

La demande d’une scintigraphie Tc99m pour diagnostiquer un SDRC2 reste débattue mais constitue un examen de débrouillage important en cas de négativité. Le diagnostic reste principalement clinique, l’échographie et l’IRM permettent d’apporter cependant certains arguments.

Elle s’avère précieuse pour clarifier l’étiologie et la localisation de douleurs ambiguës, révélant des points de fixation spécifiques sur une épaule native ou prothésée : vis, pied de la coracoïde, glénoïdite (figure 17). Elle 

Conclusion

Il est essentiel que les chirurgiens orthopédistes aient connaissance des avantages, des inconvénients et des limites de chaque examen d’imagerie.

Le couple radiographie/échographie reste incontournable pour le bilan de première intention d’une épaule opérée douloureuse. En fonction de la plainte fonctionnelle et de l’examen clinique du patient il faudra savoir quelle imagerie de seconde intention demander. Ceci doit se faire en concertation entre chirurgiens et médecins radiologues. Une demande 

Contribution

élaboration du plan : G.N., M.F., M.P. et V.M.

rédaction : M.F. et V.M.

relecture et corrections : G.N., M.F., M.P. et V.M.

bibliographie : G.N., M.F., M.P. et V.M.

source iconographie :G.N., M.F., M.P. et V.M.

source et réalisation des vidéos : V.M.

Recours à l ‘IA

aucun recours à l’IA générative n’a été utilisé lors du processus de rédaction.

Déclaration de liens d’intérêts

les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Remerciements

nous tenons également à remercier pour l’aide et les conseils précieux qu’ils ont apporté à la rédaction de cette conférence : Éric Benfrech, Daniel Berdeu, Nicolas Bonnevialle, Catherine Cyteval, Henri Coudane, Jérôme Garret, François Lintz, Pierre Métais, Xavier Ohl, Philippe Teissier et Guillaume villate.

References (30)

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